...Nous ne sommes pas dans l'ordre de l'éducation des créateurs. Il faut être concaincus que nous ne mettons rien dans l'enfant qui n'y soit en puissance(...)Mais c'est une chose considérable que de mettre ces dons naturels en valeur(...) Le jardinier qui soigne ses fleurs, le berger qui veille sur ses agneaux sont pleins de sollicitude et de patience. Ne doit-on pas en mettre mille fois plus au service des enfants, des hommes dont chacun porte en soi en tant de possibilité de joie et de souffrance, et une destinée éternelle? Un être humain, si humble soit-il, a des résonances infinies, des profondeurs insondables, une parole à dire qui n'est qu‘à lui, quoi qu'elle s'insère dans un choeur immense, une vocation qui n'est rien moins qu'une pensée divine.
...L'art de l'éducateur est de découvrir dans ce visage à la fois indécis et mouvant les traits qui domineront, d'aider l'enfant à construire sa personnalité autour d'un intérêt dominant, et ainsi, de faire son unité du dedans. Il deviendra alors capable de se donner et de servir.
...L'éducation doit tendre à développer les énergies spirituelles : l'idée la plus profonde que nous puissions en avoir est peut-être qu‘elle doit former des créateurs, rendre les enfants dans une ligne quelconque capables d'inventer un odre nouveau.
Madeleine Daniélou, Paroles en échos, Paris, 2006.